Les six agents du service archéologique du département de l’Aisne ont terminé aujourd’hui leur évaluation préventive du chantier de Montigny-sous-Marle.

 

Ils n’ont pas été au bout de leur surprise mettant à jour de nombreux vestiges, sept caves, quatre four à chaux et une dizaine d’habitations. Les chantiers sur les deux rives de la Serre prennent fin après trois mois de fouilles intensives (l’évaluation a débuté le deux mai dernier).


Vincent Le Quellec, responsable de l’opération et adjoint du pôle archéologique du département de l’Aisne, ne cache pas sa satisfaction : « on savait que le chantier allait être intéressant mais là ça dépasse largement tout ce qu’on pouvait imaginer. Les deux sites sont riches et extrêmement surprenants… » Deux hectares ont été passés au crible. Pour le premier secteur, sur la rive de Montigny, juste à côté du village, une dizaine d’habitations romaines ont été déterrées. « A l’époque les constructions étaient en terre et en bois. On sait qu’il y avait là des habitations car on voit encore les fantômes des poteaux qui servaient à l’ossature de la maison… On a également retrouvé des objets en céramiques cassés. Malheureusement tout ce qui était précieux a été emporté. », explique Vincent Le Quellec. Les objets en céramique lui permettent de dater assez précisément la période : « la vaisselle provient du sud de la France et est de très bonne qualité. Elle circulait entre 150 et 250 après Jésus Christ. Les fragments d’amphores prouvent que les résidants consommaient du vin d’Italie. Tous ces signes indiquent que ce sont des personnes assez aisées qui vivaient dans ces habitations. A l’époque, les échanges étaient facilités par l’unification politique. Il n’y avait ni barrières, ni frontières. C’est pourquoi les objets et les denrées pouvaient traverser de longues distances. C’était déjà la mondialisation ! »

 

Du côté du second secteur sur la rive de Marle, du côté sud de la digue, 6 à 7 caves successives ont été mises à jour, ainsi que 4 fours à chaux. « On a retrouvé la carrière associée. Cette découverte est sacrément inattendue et ouvre une belle perspective sur un autre environnement archéologique. Il y a probablement un très beau bâtiment dans les environs, poursuit Vincent Le Quellec. Les fours à chaux servaient à fabriquer du ciment. Si les personnes ont pris la peine de produire autant de chaux, c’est pour une grande construction. Ici la période est plus difficile à dater, elle serait comprise entre 0 et 300 après JC. »

 

Le site a été recouvert et les objets récoltés vont être analysés, puis exposés avant de servir de supports pour des conférences à destination des archéologues et du grand public.


L’évaluation archéologique étant terminée, les travaux de construction de la digue pourront débuter l’été prochain. Ils n’auraient pas pu être entrepris sans ce diagnostic archéologique obligatoire. L’Entente Oise-Aisne est l’aménageur du projet financé par le FEDER, l’Etat et les régions Hauts-de-France, Grand Est et Ile-de-France.

 

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Perspective de Montigny-sous-Marle

 

 

Les principaux financeurs du projet de digue de Montigny-sous-Marle :

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