Florence Habets est hydrométéorologue et directrice de recherche au CNRS au laboratoire METIS (Milieux Environnementaux, Transferts et Interactions dans les Hydrosystèmes et les Sol).

 

Elle a donné deux conférences sur les journées de sensibilisation à l’adaptation au changement climatique organisées par l’Entente et l’Agence de l’eau, les 5 et 7 décembre derniers.

 

Pour elle, pas de doute, les risques de crue et de sécheresse augmenteront dans les années à venir. Néanmoins, la chercheuse reste optimiste. Elle voit en les solutions naturelles, la meilleure manière de s’adapter à tous ces risques et de limiter leurs impacts. Interview. 

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Comment vous y prenez-vous pour établir vos estimations ?
On reproduit nos modélisations sur différentes projections climatiques contrastées, au minimum trois. Cela nous permet d’avoir à la fois des tendances acceptées par tous et les incertitudes associées à toutes ces projections. Ces incertitudes sont de plusieurs types : il y a celles qui sont liées aux modèles de climat, celles qui sont liées aux variabilités naturelles, et celles qui sont liées aux scénarios d’émissions de gaz à effet de serre.

 

D’après vos travaux, les risques de crues et de sècheresses augmenteront de façon certaine et significative dans les années à venir, est-ce que cela vous inquiète ?
La sécheresse m’inquiète car il n’est pas si facile de lutter contre, il faut vraiment anticiper. Quant aux inondations on peut essayer de s’adapter, de réduire leur impact, mais il est clair qu’on ne pourra jamais réduire ce risque à zéro. Les inondations concerneront tout le monde dans le futur, pas seulement les personnes à proximité des cours d’eau, en raison des épisodes d’orages de plus en plus forts. A ce jour, on peut dire qu’il aura beaucoup de risques de pertes matérielles mais pas forcément de risques de pertes humaines.

 

Quelles solutions préconisez-vous ?
Je pense que les solutions naturelles offrent de nombreux co-bénéfices. Elles ont un gros potentiel car elles peuvent s’appliquer sur des surfaces importantes. Par solutions naturelles, j’entends par exemple des sols plus perméables, des toitures végétalisées, le développement des zones humides, des prairies, des haies, l'intégration des arbres et de la sylviculture dans l'agriculture et le paysage rural (agroforesterie)… L’adaptation au changement climatique ne pourra pas se faire sans mesures d’atténuation mises en place de manière généralisée.

 

En savoir plus sur les journées sur l'adaptation au changement climatique : http://eptb-oise.fr/index.php/370-5-et-7-dec-60-personnes-presentes-aux-journees-sur-le-climat