La Nonette, affluent de l’Oise, a été profondément rectifiée pour amener l’eau au château de Chantilly. Elle est perchée sur la partie aval de son cours, de sorte qu’elle ne chemine pas en fond de vallée mais sur le flanc de celle-ci. Une digue très ancienne tient la rivière pour éviter qu’elle ne retourne à son lit historique. En cas de crue, un déversoir, sur la commune de Senlis, envoie l’excès d’eau dans le Saint-Urbain, petit cours d’eau qui occupe ledit fond de vallée.

 

Le tableau serait charmant si la digue de la Nonette ne retenait pas un volume d’eau substantiel tandis que des maisons se situent en contrebas et sont donc exposées au risque de montée rapide des eaux en cas de rupture. Pire, l’ouvrage de franchissement de la rue de la République à Senlis est insuffisant pour écouler un débit de crue de sorte que le quartier en amont est propice aux inondations.

 

Et voici que nos réglementations récentes sur GEMAPI et plus particulièrement sur les ouvrages hydrauliques, ont amené le Préfet à classer la digue de la Nonette, puisque cet ouvrage présente un risque technologique tandis qu’il protège des habitations des inondations. Le Syndicat interdépartemental du SAGE de la Nonette (SISN) a été désigné gestionnaire de cet ouvrage.

 

Cette description ne serait pas complète sans signaler que la digue est assez vétuste et présente des fuites que le SISN colmate par quelques palplanches depuis plusieurs années avec une réactivité admirable. En parallèle, l’étude de danger, base de la démarche réglementaire de classement des ouvrages, a ni plus ni moins proposé soit la reconstruction totale de la digue, soit son effacement avec retour de la Nonette en fond de vallée. La première proposition s’est avérée trop coûteuse et la seconde mettrait le château de Chantilly au sec, de sorte qu’une variante de consolidation de la digue existante par battage d’un rideau de palplanches sur l’ensemble du linéaire a été examinée et acceptée par la DREAL.

 

Le cabinet Safège, agréé en matière d’ouvrages GEMAPI, a été retenu pour assurer la maîtrise d’œuvre de ces travaux par ailleurs très contraints : le battage de palplanches à proximité des maisons peut avoir des conséquences sur leur intégrité. Le château de Valgenceuse, propriété privée inscrite aux monuments historiques, fait partie des demeures à risque et l’avis conforme de l’Architecte des bâtiments de France est requis. Aussi, des précautions devront être prises et le maître d’œuvre doit, dans la phase de définition des travaux, examiner des variantes pour garantir la bonne fin du chantier.

 

L’ensemble des acteurs avance à pas prudents sur ce dossier délicat tandis que les fuites sont toujours présentes.

 

L’arrivée de GEMAPI a conduit, en ce début d’année, au dessaisissement du SISN de la maîtrise d’ouvrage au profit de la communauté de communes de Senlis sud Oise. L’Entente Oise-Aisne, associée de près à ce dossier, apportait une assistance à maîtrise d’ouvrage au SISN. Elle délibérera lors de son prochain Comité syndical pour apporter un soutien similaire à la communauté de communes dans l’attente du transfert de la compétence de Prévention des inondations à l’Entente, et de la maîtrise d’ouvrage de l’opération qui l’accompagne. En espérant que la digue ne lâchera pas avant les travaux qui ne pourront guère être réalisés avant 2019 puisqu’une Déclaration d’intérêt général, procédure d’autorisation administrative d’une durée de 9 à 12 mois, est préalablement requise.

 

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