Toute politique de gestion du risque inondation s’appuie nécessairement sur une connaissance des enjeux exposés. Dès 2003, l’Entente était lauréate et porteuse d’un "projet pilote" de l’appel à projets "Bachelot", dispositif préfigurateur des Plans d’actions de prévention des inondations (PAPI). L'Entente proposait alors une approche économique de la gestion du risque.

A partir d’un travail de comptage sur photographies aériennes, une première estimation des enjeux le long des vallées d’Oise et d’Aisne avait permis d’estimer les dommages économiques de différentes crues et, par différence, évaluer la rentabilité des investissements comme les ouvrages de Longueil-Sainte-Marie et Proisy. A l’époque, nous estimions grâce à cet outil que l’ouvrage de Proisy évitait environ 70 M€ de dommages à la société, tandis que l’ouvrage de Longueil-Sainte-Marie évitait environ 90 M€ de dommages en cas de remplissage total de chacun des sites.


Toutefois cet outil était assez imprécis (globalisation par quartiers) et méconnaissait une part importante du dommage à l’activité économique. Depuis, la méthodologie d’analyse coût–bénéfice d’un projet a été précisée par le ministère en charge de l’environnement.
Tandis que l’Entente examine la faisabilité de projets ambitieux tels que Vic-sur-Aisne et Longueil II, il est apparu nécessaire de procéder à un nouveau recensement des enjeux. L’accueil de Pierre Brétaudeau en stage de fin d’études sur cette thématique (rapport de stage disponible sur notre site) a permis d’initier une démarche de long terme de recensement individuel de chaque enjeu (habitat — collectif ou individuel —, activité économique, établissements recevant du public — ERP) pour lequel une cote de plancher est relevée (relevé Lidar corrigé d’une appréciation visuelle au cas par cas lorsque le rez-de-chaussée est rehaussé).


S’agissant de l’activité économique, l’estimation des dommages distingue les pertes aux immobilisations, les pertes aux stocks, les pertes d’activité et le coût social (chômage partiel). Les sites industriels majeurs font l’objet d’une analyse individuelle du risque sur rendez-vous, visite et engagement de confidentialité.


Cette base de données, déclarée à la CNIL, s’avère être un outil très puissant puisqu’elle peut être exploitée sous de nombreuses hypothèses : scénarios de crue, de protections, impact économique des aménagements, sensibilité à différents paramètres. Elle peut aussi renseigner sur des risques de défaillances de la société, comme par exemple un nombre d’enjeux inondables à mettre en regard du nombre d’artisans amenés à procéder à des travaux nécessaires au retour à la normale, qui peut conduire à une prolongation disproportionnée de la gestion de crise.

Grâce à une mobilisation de tous les agents techniques des services de l’Entente, la base de données se renforce progressivement. A ce jour, plus de 7000 enjeux inondables ont fait l’objet d’une fiche de renseignements individuelle (5800 habitations, 1000 activités économiques et 240 ERP) le long de l’Oise canalisée (aval de la confluence Oise Aisne), dans les secteurs en Territoire à risque important de la Directive inondations, largement bénéficiaires des ouvrages de l’Entente.


La première tendance qui se dégage est une hausse très nette du coût global d’une crue par rapport à nos estimations antérieures, notamment au regard de l’impact sur l’activité économique, bien moins médiatisé que les dégâts à l’habitat mais pour autant d’un coût beaucoup plus élevé.


Les services sont particulièrement mobilisés pour tenter d’achever dans le courant de l’année 2018 le recensement de la vallée de l’Oise canalisée, en préparation du PAPI d’intention dans lequel l’intérêt des aménagements de Vic-sur-Aisne et Longueil II devra être démontré. A ce stade, environ un tiers des habitations et plus de la moitié des activités économiques sont déjà recensés. Une extension aux autres communes est réalisée au gré des nombreux déplacements des agents sur les territoires. 

 

pierre