Coulée de boue

                                                           Coulée de boue

 

 

Les phénomènes d’érosion des sols et de ruissellement ont pris de l’importance sur le bassin versant de l’Oise depuis les années 80. Outre l’altération des terres de culture, ces manifestations ont des conséquences sur le rendement au cours de la saison de culture, mais aussi à long terme, sur les biens (coulées de boue) et les personnes (submersions de routes, inondations), sur la qualité des eaux (turbidité) par l’apport de bactéries, de produits phytosanitaires et de matières en suspension, et enfin, sur les habitats aquatiques (colmatage de frayères).

 

 

          Tableau des facteurs d’émission du ruissellement

                                                     Facteurs d’émission du ruissellement

 

Deux groupes d’actions sont complémentaires : les solutions agronomiques et les solutions hydrauliques.

Parce que les phénomènes sont latents, il convient d’anticiper en proposant des dispositifs préventifs (bandes enherbées, fossés, zones tampons…) et des modes d’usage des sols adaptés (favoriser les prairies dans les fonds de vallées, éviter les cultures de maïs sur les versants à forte pente…). Au-delà de ces actions de prévention des acteurs agricoles, des mesures curatives peuvent être envisagées et s’avérer plus adaptées aux problématiques hydrauliques importantes replacées à l’échelle d’un bassin versant.

 

Les actions préventives à préconiser

Typologie d’actions:

 

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Principes des mesures hydrauliques au regard des enjeux en vallées d’Oise

S’agissant de l’impact sur les inondations, les mesures sur les versants sont généralement totalement inefficaces sur les fortes crues qui correspondent à des épisodes météorologiques soutenus qui saturent tous les dispositifs à petite échelle. Toutefois, deux situations bien précises justifient le recours à de telles actions dans une stratégie globale de lutte contre les inondations des fortes crues :

  • Sur les sous-bassins d’affluents qui confluent en aval d’un aménagement de surstockage qui restitue un hydrogramme « plat » 

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Hydrogramme en aval de Savigny  : Simulation de la crue de décembre 1993 en aval de Savigny-sur-Aisne. En bleu, l’hydrogramme tel qu’observé. En rouge, l’hydrogramme régulé par les aménagements de Varennes-en-Argonne et Savigny-sur-Aisne. On observe un plateau de trois jours.

 


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Hydrogramme de crues Château-Porcien : Simulation de la crue de décembre 1993 à Château-Porcien (08). En bleu, l’hydrogramme tel qu’observé. En rouge, l’hydrogramme régulé par les aménagements de Varennes-en-Argonne et Savigny-sur-Aisne. Le plateau s’est dégradé du fait de nombreuses pointes de débit en provenance des affluents, d’où l’intérêt d’une régulation pour lisser les apports.

 

  • En tête de bassin de la branche réputée la plus lente (cas de l’Aisne) pour retarder la genèse de la crue (un retard, même sans gain en cote, peut être très bénéfique à une confluence)

Quelques outils permettant d’agir hydrauliquement: ripisylves, bandes enherbées, fascines, fossés de diversions, fossés inondant-drainant, retenues temporaires de micro-talwegs sur parcelles (diguettes), banquettes allongées de versant, haies transverses, seuils à pertuis ouvert et à continuité de radier, etc.

  

Agir sur les affluents : un objectif ciblé dans la stratégie d’actions de l’EPTB Oise Aisne

Au-delà de son intérêt environnemental, l’augmentation du temps de concentration des eaux ruisselées permet d’agir sur l’horloge des crues et par la même de réduire significativement les dommages à la confluence d’affluents. En complément des dispositifs de surstockage, qui assurent la régulation du pic de crue, un ralentissement de la genèse de la crue pourrait augmenter encore le déphasage à la confluence Oise-Aisne.

Ce retard se traduit par des gains en centimètres et donc en réduction de dommages. De telles mesures pourraient ainsi être mises en œuvre sur les hauts bassins de l’Aire et de l’Aisne pour temporiser au maximum la crue de l’Aisne, qui arrive toujours après la crue de l’Oise à Compiègne (exemple de projection économique :  1h de retard de l’Aisne  à la confluence avec l’Oise  = 1 cm d’abaissement de la ligne d’eau en aval = ~ 6 M€ d’économie de dommages).

Enfin, les techniques d’hydraulique douce peuvent induire une diminution du volume au-delà du débit de consigne d’un aménagement de surstockage, ce qui en retarde l’éventuelle saturation. Des actions sur les versants en amont des ouvrages de ralentissement dynamique placés en tête de bassins pourraient avoir une efficacité même si elle est très difficilement quantifiable à ce stade des investigations.

L’Entente réalise d’ailleurs des études spécifiques sur des opérations pilotes (dont affluents des Crêtes préardennaises) qui permettront de préciser plus finement l’efficacité de telle mesures tant sur le volet hydraulique qu’environnemental.